See you soon Leabanon


Samedi 3 Septembre

Ce dernier billet du Liban afin de résumer mon périple libanais :

Agrandir le plan


Et aussi pour préciser que j'ai enfin découvert les fameuses soirées libanaises et c'est à la hauteur de la réputation. Avec Tatiana et ses amis, nous sommes sortis au Skybar, la plus célèbre boîte de nuit beyrouthine. C'est un « roof top », en haut d'un immeuble, les pieds sur le dancefloor et la tête dans les étoiles. Absolument magique !

Puis le jour du départ, voyant encore quelque chose de grandiose la grotte de Jeitta. Je n'ai pas pu prendre de photos mais cette grotte va peut-être devenir une des merveilles du monde.

J'en profite aussi pour remercier tous les Libanais si accueillants, en particulier :
La famille Hejeily, Salwa, Tatiana, Ralph et Rosette, Gaby et les frères Jésuites de Taanayel, la famille Khoury Jean-Paul, Brigitte, Raymond, Mariette et Serge, Maxime et James Palgé, Nicolas, Mireille, Philippe, Jean-Marc et Karim.

Ce dont je suis certain, c'est d'un retour prochain dans ce pays !
Demain, parution de l'article sur James Palgé, Directeur Technique de Château Ksara.

A noter que mon portrait sur Jean-Paul Khoury sera publié dans le Numéro 142 de "La Revue des Oenologues" et dans le prochain magazine de l'UFE, "La voix de France".
Direction Casablanca.




B(s)charré(h) et sa vallée

Bscharré – Vallée de Quadisha.


1er Septembre 2011.
Les Libanais (éduqués) ont un gros avantage : ils sont polyglottes. Le côté positif, c'est de maîtriser l'arabe, le français et l'anglais au minimum. Ce plurilinguisme est dû en partie à une riche histoire. Le problème c'est qu'une seule ville peut prendre plusieurs noms ! Prenons l'exemple de cette jolie bourgade maronite (Catholique Libanais), qu'est Bscharré euh... pardon Bécharré (en français), non... Bscharry (en anglais) ou Bcharri, d'autres écriront Bscharreh ; bref, il n'est pas toujours aisé de demander son chemin !

Lorsque l'on remonte la vallée de la Békaa et que l'on atteint le sommet du Mont Liban, la vue est absolument splendide, regardez plutôt :




Je quitte donc la Békaa pour rejoindre la vallée de la Quadisha (ou Kadisha, même principe que Bscharré!).

Je ne veux pas abuser des superlatifs, pourtant le Liban les mérite. Pays si petit en superficie (l'équivalent d'environ deux ou trois départements français) mais si riche.

Cette vallée de la Quadisha est le fief des Maronites. Les clochers sont nombreux et bien visibles, les petites statues de la Vierge  pullulent le long des routes, les drapeaux du Vatican sont accrochés à tous les carrefours, et tous les hommes ont une croix autour du cou !





J'ai pu monter jusqu'à Ehden, magnifique bourgade, où les côtiers viennent prendre un bol d'air frais, puisque la commune est à 1800 mètres d'altitude. J'ai visité la réserve naturelle où j'ai vu les fameux Cèdres du Liban, l'emblème du pays.


Depuis les débuts du christianisme, des ermites sont venus dans les grottes de la Quadisha. On trouve encore maintenant une multitude de monastères et autres couvents. Impressionnant par l'histoire que portent ces lieux mais aussi par l'architecture.



Une concentration de faune et de flore exceptionnelles, se retrouve dans  la vallée de la Quadisha :



Baalbek


Les amoureux de vieilles pierres doivent venir au Proche-Orient, les amoureux de vieilles pierres et de l'histoire romaine doivent venir au Liban et les amoureux de vieilles pierres, de l'histoire romaine et de vestiges helléniques doivent venir à Baalbek !

Un site extrêmement bien préservé, un vrai bijou de conservation. Connaissant les sites romains de Jordanie et de Rome, je partais plutôt défaitiste du genre : « Rien de bien nouveau, encore des ruines... ». Et voilà sur quoi je suis tombé :



Un temple doublement millénaire, encore totalement debout, avec la majorité de ses colonnes et qui plus est, plus grand que le Parthénon d'Athènes.



Certains diront que ce n'est pas un problème, mais Baalbek est dans une ville sous la défense du Hezbollah, et je ne sais pas si les dirigeants ont pris toutes les mesures de sécurité nécessaires. Ce dont je suis certain, c'est que je n'ai trouvé, en guise de souvenir, que des t-shirts à l’effigie du groupe armé chiite ! Mais bon, le temple a su résister à toutes les guerres depuis plus de 2000 ans.

Il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas juste d'un temple posé au milieu de nulle part mais d'une vraie ville organisée :





Baalbek est une cité datant de l'époque gréco-romaine, construite sur un site de la période phénicienne du III° millénaire avant JC. Puis les Grecs honoraient leur dieu du soleil nommé Helios, ce qui devient la ville du Dieu soleil : Héliopolis. Sous l'effet des Romains, la ville prit de l'ampleur, due à sa position stratégique sur l'axe Damas-Beyrouth. 
Vu la présence de vignes dans la région, un temple fut construit en l'honneur du culte mystique de Bacchus, sous Marc Antoine.
  
Bref un site authentique, bien conservé et économique (3-4 euros l'entrée).

Quelques photos supplémentaires afin de montrer la finesse des détails :










Des cépages alsaciens au Liban.


 Portrait - Békaa - Liban
Château Khoury
 

Curriculum Vinum :

- Jean Paul El Khoury. Vigneron et oenologue de Château Khoury. 13 ha de vignes. 2 ha d'autres cultures (eau de vie, huile d'olive, arbres fruitiers).
- Cépages :Gewurztraminer, Pinot Gris, Riesling, Pinot noir et classique (Cabernet, Merlot, Syrah...)   
- Age des vignes : environ 12 à 17 ans. Environ 30 hl/ha. Première vinification en 2004. En conversion Bio.
- Sols : Argilo calcaire à dominante calcaire.
- Climat : Continental. Hiver froid et pluvieux, été très chaud et forte amplitude thermique (+/- 10-15°C en Août).
- Gammes :  En 2010, Trois Blancs, deux rouges, de l'arak, des eaux de vie etc...  Canaux de distribution : CHR, privée. Production : 50'000 bouteilles, de 7 à 18 $ la bouteille.


Par Fabien Duvergey, Taanayel, Liban

Au pays de la diversité, rencontre avec un Franco-Libanais, les pieds ancrés dans ses racines alsaciennes et la tête sur les contreforts du Mont Liban.


Sur la route entre Beyrouth et Damas, entourée des chaînes du Liban et de l'Anti-Liban, la majestueuse vallée de la Békaa s'étend de Zahlé jusqu'à Baalbeck. Cette région est, depuis la période phénicienne, un lieu de culture de la vigne. Les Phéniciens, bons navigateurs et marchands vendaient du vin de la Békaa en Égypte et dans l'est du pourtour méditerranéen. Le temple de Bacchus sous la période romaine et les noces de Canaa datant de la période chrétienne corroborent une présence ininterrompue de la culture de la vigne.
 
Du haut de ces 40 siècles d'histoire du vin, la pente-Est du Mont Liban contemple la Békaa.

L'histoire d'une famille libano-alsacienne

Cette rencontre atypique de ces cépages alsaciens au Liban est le fruit originel d'un couple : Raymond, Libanais faisant ses études de pharmacie à Strasbourg et Brigitte étudiante en médecine dans son Alsace natal. Rentrés au pays,  ils décident de mettre au jour leur objectif.


En 1995, sur ces contreforts, ils plantent les premiers pieds de vigne dans cette terre laissée en friche. Il en émane quelques vieux ceps servant à la production d'une boisson anisée et alcoolisée purement méditerranéenne s'appelant Ouzo, Raki, Arak ou encore Pastis selon les régions et les ingrédients.

Jean-Paul et son père Raymond

Un œnologue à l'esprit novateur

Jean-Paul, leur fils, avec son diplôme d'oenologie à la faculté de Reims et ses
expériences dans de grandes maisons champenoises, s’occupe de  la première vinification.
A 24 ans, un domaine familial à gérer ! Certes, toute la famille et les amis sont là pour le soutenir, mais en 2006 la guerre éclate ruinant à néant tous les efforts entrepris. Mais les premiers résultats sont particulièrement prometteurs et confortent l'idée d'une production de qualité plus que de quantité.
Jean-Paul fait partie de ces vignerons-oenologues avant-gardistes ayant la volonté de ne pas créer un vin destiné à flatter le palais du consommateur mais à la recherche du juste équilibre, à atteindre son objectif en multipliant les recherches, les essais, toujours sous le regard bienveillant de son père laborantin.
Jean-Paul Khoury dans sa cave


Ainsi, il étudie actuellement la possibilité d'un vin effervescent encore jamais réalisé sur ce terroir. Outre les gammes traditionnelles de blanc et de rouge, sa production se compose également d'Arak, d'eau de vie, d'huile d'olive, et même de confitures !


Un vignoble particulièrement favorable
Seul l'oïdium est présent sous ce climat permettant une conversion bio relativement aisée. Malgré une juridiction souple au Liban, Jean-Paul n'irrigue pas son vignoble, et effectue un traitement au soufre avec parcimonie.
La grande richesse de ce terroir est sa diversité : un sol à majorité argilo-calcaire, mais aussi sableux, un micro climat, beaucoup de soleil et un faible taux d'humidité, des vendanges manuelles. Bref, ce terroir si riche et divers se retrouve dans son vin.
Les vins rouges sont élevés en barriques de chênes français durant 12 à 18 mois. Des soutirages sont effectués régulièrement, tous les deux à trois mois. Le tri-cépage (Riesling, Gewürztraminer, Chardonnay) composant le vin blanc est frais, aromatique et rappelle des
notes alsaciennes.

Cave de Château Khoury
On peut compter sur Château Khoury pour faire partie des grands vins du Liban.

Le premier tour du monde des vignerons et oenologues français expatriés sur :
Vin-et-voyage.blogspot.com


Vallée de la Bekaa (1)

Après avoir pu louer une voiture j'ai quitté Jounieh et Beyrouth pour la vallée de la Bekaa.

Voici la voiture que j'ai pu louer et sur un "malentendu" ça a marché (cf: "Les Bronzés"). J'ai pu avoir un 4x4
Au sommet du Mont Liban, d'un côté il y a une magnifique vue sur la mer et de l'autre la vallée de la Békaa, en face le mont anti-Liban avec la frontière syrienne et israëlienne. Puis redescente dans la vallée où j'étais attendu par Jean-Paul El Khoury ("le curé" en arabe, ainsi un fort nombre de chrétiens se nomment "Khoury" au Liban), oenologue de château Khoury, domaine familial dont je relaterai l'histoire demain.

Vue depuis les hauteurs du Mont Liban

 

Un repas était organisé autour du thème de la figue, succulent! J'ai fait de très belles rencontres provenant de divers milieux.

J'ai ensuite rejoint la résidence des Pères Jésuites de Taannayel. Ce couvent fut fondé par des Jésuites français en 1857, après le massacre de 5 religieux en 1860 et afin de calmer les tensions dans la région, les autorités turques décidèrent d'accorder plusieurs hectares dans cette région à la compagnie des Jésuites de France. Ainsi, les Pères purent assécher ces terres marécageuses avec difficulté, plusieurs Jésuites périrent notamment de la malaria. Par ailleurs, j'ai pu visiter le cimetière de ces pionniers.
Ils entreprirent des plantations de vignes, de céréales et organisèrent une ferme afin de produire des fromages frais.

150 ans plus tard, peu de choses ont changé, la gestion des affaires ayant été déléguée à une ONG nommée "Arc en ciel".

Résidence des Jésuites de Taanayel

La formation de Jésuite est en partie basée sur l'étude de l'Histoire philosphique, mais un Jésuite doit aussi être ancré dans la société, ce qui leur donne bien souvent un côté intellectuel mais aussi conscient des réalités quotidiennes. On a pu ainsi avoir de profondes discussions sur tous les sujets jusque tard dans la nuit. Vraiment heureux d'avoir pu rencontrer des gens aussi érudits et humbles !

Zahlé, la grande ville régionale manque d'intérêt en soi. Ici comme ailleurs, un énorme "mall" est en train de voir le jour, ce qui semble réjouir la jeunesse locale. On commence à voir quelques drapeaux du Hezbollah ; nous ne sommes qu'à une trentaine de kilomètres de la frontière syrienne.
Peu de monuments mis à part une bataille perpétuelle pour déterminer quelle communauté aura la plus grande vierge ou le plus grand minaret ! Il semblerait que l'on s'accroche à sa religion plus par communautarisme que par foi, cependant j'ai pu tout de même observer une grande ferveur religieuse. Il y a un centre culturel français, la francophonie est présente!

Vierge de la vigne et du vin

A noter que c'est la fin du ramadan donc beaucoup de bruit et de fête, et une implication certaine sur les vendanges dont je vous entretiendrai demain ou après demain....


Beyrouth-Jounieh-Byblos

Comme promis, voici quelques photos de ces villes millénaires.


Eglise et mosquée

Tombeau de Rafic Hariri


Beyrouth souk 

Traces des conflits

Vue depuis Notre Dame d'Harissa

Byblos

La citadelle de Byblos

Contraste beyrouthin!

Demain direction la vallée de la Bekaa, Château Khoury.

Arrivée au Liban

C'est parti ! Voilà, le premier voyage est lancé. Je suis arrivé hier soir à Beyrouth au Liban, où j'ai pu vérifier empiriquement que l'accueil libanais n'est pas une légende. Je suis donc dans la famille de Rosette (une amie libanaise de Suisse) !
J'ai visité Jounieh et Beyrouth aujourd'hui et j'ai déjà pu avoir un aperçu de la diversité de ce pays, tant d'un point de vue des moeurs, des gens, des religions etc...
Je suis allé près du tombeau de Rafiq Hariri (pour ceux qui se disent: "c'est qui lui déjà?": fr.wikipedia.org/wiki/Rafiq_Hariri), et visite de Beyrouth centre et nord, plus la corniche.
Bientôt les photos... inch'allah!