Jacques Poulain, un autodidacte à La Ferme Rouge

L’histoire d’un terroir, l’histoire d’un homme.
Portrait – Région Zaërs – Maroc 













Curriculum Vinum :



- Jacques Poulain. Copropriétaire de La Ferme Rouge. 200 ha de vignes. 350 ha d’oliviers. Appellation d’Origine Garantie Zaërs.
- Cépages : Une vingtaine de cépages, mais principalement : Syrah, Tempranillo, Chardonnay, Sauvignon, Viognier, Cinsault, Grenache.
- Age des vignes : de 4 à 40 ans. Depuis 1908. Première vinification de Jacques en 2009.
- Sols : Sable ancien, argile rouge et glaise ferrique. Sous-sol argilo-calcaire.
- Climat : Continental, mais arrivée d’air océanique. 460 mètres d’altitude.
- Gammes :  En 2010, un blanc, un rouge, un rosé, un gris. Canaux de distribution : CHR, cavistes, privés. Production 2010 : 325'000 bouteilles, environ de 9 à 20 $ la bouteille.



Par Fabien Duvergey, Casablanca, Maroc.









Rencontre avec Jacques Poulain, associé et Directeur technique de La Ferme Rouge. Domaine de 200 hectares sous l’appellation d'origine garantie « Zaërs ».

Au kilomètre 60, sur la route entre Rabat et Rommani se trouve une petite bourgade nommée Had Brachoua. Ce village, à moitié oublié, à moitié perdu, connaît un essor économique depuis l'arrivée de Jacques Poulain et de son associé marocain.
Oliviers et vignes sur le domaine
La Ferme Rouge, un domaine historique. 
L’histoire de la Ferme Rouge est symptomatique de l’histoire du Maroc sous le protectorat français. En 1908, la famille Birebent, des colons français originaires de l’Ariège, arrivent dans cette région reculée du Maroc : la région des Zaërs.  Sur ces terres riches et grasses du plateau de Merchouch, les Birebent s’implantent et commencent à travailler la terre. En France, la crise du phylloxéra a laissé des traces tangibles et la métropole a alors besoin de vin. En 1933, le premier millésime sort de la cave nouvellement construite. Puis, l’histoire inéluctable des colons du Maghreb arrive : un départ précipité, un retour difficile en France.

Le domaine est alors nationalisé et laissé en friche. En 1970, La Ferme Rouge est rachetée par un Général marocain ; petit à petit des terres sont rachetées afin d’arriver, en 2001, à une superficie totale de 850 hectares. On plante alors des vignes et des oliviers, beaucoup d’oliviers, plus de 350 hectares.


En 2009, le fils du Général, Amine, propose à Jacques de s’occuper du domaine et de s’associer avec lui. L’aventure est partie !

Jacques Poulain, quand l’empirisme l’emporte sur l’idéologie !


Jacques est un homme du sud-ouest : joueur de rugby aguerri et passionné de vin.
Après un Brevet de Technicien Supérieur viti-vinicole, il commence sa carrière au sein d’un domaine dans le Bordelais, en « Entre-deux-mers ». 

Il reste deux ans, puis rejoint Stéphane Asseo (actuel propriétaire de «L’Aventure» en Californie), qui vient alors de créer une entreprise de conseil dans le domaine viti-vinicole. Entre 1991 et 1993, il a ainsi l’opportunité de découvrir des domaines en Pomerol et dans tout le Bordelais.
En 1993, il est recruté par Château Millet, dans les Graves, en tant que régisseur. Il y reste jusqu’en 1997, s’occupant principalement de la modernisation du chai, ainsi que de la commercialisation du vin.






Jacques Poulain
En 1998, il est recruté par le self-made-man marocain, possédant un empire viticole, Brahim Zniber, pour travailler sur le domaine Thalvin à Benslimane, Maroc. Jacques y apprend le sens des concessions, et surtout le fait qu’au Maroc, les choses peuvent être très rapides, comme prendre plus de temps.
De 2005 et jusqu’en 2009, il vinifie, avec son ami Alain Graillot, un vin nommé « Tandem » obtenant par la même occasion une belle réputation dans et en dehors des frontières marocaines.
Puis la belle aventure de La Ferme Rouge peut commencer !
Des vins et des projets.
En 2009, les deux associés font de gros investissements : bassin de rétention d’eau, terrassements, arrachages et plantations de vignes, bref un travail titanesque, qui permet de faire vivre tout le village d’Had Brachoua. 



Les rôles sont bien répartis : Amine s’occupe du côté financier, Jacques Poulain et Alain Terras
 s’occupent de l’aspect technique et Boris Bille est le sommelier


Basé sur un marketing visuel, précis et concis, des prix abordables et un «vin de vignerons» comme dirait Jacques, notamment un «gris» particulièrement réussi, les deux années 2009 et 2010 sont de vraies réussites en terme commercial.

Alain Terras, Jacques Poulain, et Daniel Ducons (revendeur de "La Ferme Rouge")
En si bons chemins, les vendanges 2011 sont impulsées sous le signe de nouveaux investissements. Le chai se modernise avec l’arrivée de nouvelles cuves en inox. Et le grand vin rouge élevé en fûts de chênes français s’annonce très prometteur.
Un domaine à suivre de près.

Le premier tour du monde des vignerons et oenologues français à l’étranger sur :
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Maroc, Casablanca

Comme prévu, j'ai pris le Beyrouth-Casablanca avec la Royal Air Maroc. Je suis arrivé à Casablanca où Hamza, un très bon ami rencontré en Suisse est venu m'accueillir.

Pour bien me lancer rien de tel qu'une bonne soirée "casaouïa".

Le lendemain j'ai rendu visite à Jacques Poulain, vigneron et copropriétaire de La Ferme Rouge habitant à Had Brachoua, à 60 kilomètres de Rabat. Le trajet a été une expérience inoubliable où j'ai dû prendre le train puis marchander pendant des heures avec des "grands taxis" blancs où le principe est de monter à plusieurs afin de diviser le prix. Je connais bien le Maroc, mais là c'était vraiment le fin fond du fond du bled du Maroc !
Enfin arrivé à La Ferme Rouge ! Là, j'ai passé deux jours, riches en rencontres, puisqu'il y avait Amine, l'associé de Jacques, mais aussi Alain, travaillant avec Jacques à La Ferme Rouge et Daniel, le revendeur au Maroc et en France.

Je suis en train d'écrire l'article actuellement.

Puis, je suis rentré sur Casa, malheureusement mon appareil photo a eu un problème donc je n'ai pu prendre aucune photo de Casa.

Je ne pensais rien voir de nouveau, puisque c'était la 4 ème fois que je venais dans cette ville, mais j'ai eu l'occasion de visiter un monument extraordinaire :

L'Eglise du Sacré Coeur. Construite sous le protectorat français du Général Lyautey, cette église est dans le pur style colonial que l'on trouvait dans les colonies de l'AEF et de l'AOF. A l'image de celle de Dakar, elle est composée de deux grandes tours symétriques où sont situés les clochers.
Actuellement, elle tombe plus ou moins en décrépitude, mais une salle d'exposition est en train de voir le jour. On est monté sur les toits où il y a une magnifique vue sur tout Casablanca. Quel dommage que mon appareil photo soit tombé en panne. 
Dans la brume côtière on aperçoit l'immense minaret de la grande mosquée Hassan II, splendide.

Enfin, Casa est aussi connu pour ses immeubles de style "Art déco". En effet, pendant l'entre deux guerres, les architectes français, assez bridés en France venaient dans les colonies et autres protectorats pour exprimer leurs arts, les lois étant moins restreignantes. On trouve encore de magnifiques bâtiments datant des années folles.

Prochain post : article sur Jacques Poulain!

Château Ksara, ou l'histoire d'une découverte





L’histoire d'un terroir, l'histoire d'un homme...
Portrait – Vallée de la Békaa – Liban 



Curriculum Vinum :

- Directeur technique de Château Ksara (date de 1857). 350 ha de vignes.
-Cépages : au nombre de 23. Principalement, Cabernet-Franc, Cabernet-Sauvignon, Merlot, Syrah, Petit Verdot, Chardonnay, Semilion, Sauvignon.
-Age des vignes : de 3 à 40  ans. De 35 hl/ha jusqu'à 65hl/ha. Première vinification de James Palgé en 1994. 
-Sols : multiples, mais principalement argilo-calcaires, limono-calcaires et volcaniques.
-Climat : continental. Hiver froid, pluvieux et neigeux, été très chaud et forte amplitude thermique (+/- 10-15°C en Août).
-Gammes : quatre blancs dont un moelleux, sept rouges, et trois rosés, ainsi que de l'arak. 
- Canaux de distribution : grandes surfaces, export, CHR. Production : environ 2,7 – 3 millions de bouteilles, de 5,60 à 38 $ la bouteille.



Par Fabien Duvergey, Jounieh, Liban
Il y a toujours une bouteille de Château Ksara dans les caves des particuliers Libanais. L'auteur de ces vins n'est autre qu'un Français : James Palgé.
Quelle magnifique histoire qu'est celle du Château Ksara. En 1857, les Pères Jésuites héritent de 25 hectares de terre de la part de l'Empire musulman ottoman. Les religieux ayant besoin de vin afin de célébrer les messes, plantent dès lors des vignes. Le père Kirn comprend rapidement les opportunités qu'offre le terroir de la Békaa. Ne se contentant pas de faire un vin de messe commun, il décide d'inviter un viticulteur afin d'apporter une expertise technique. Après des résultats plus que satisfaisants, et des premiers grands crus, les Pères persistent et signent. 
Dans le but d'obtenir une meilleure compréhension du terroir, ils créent en 1902, le premier observatoire du Moyen-Orient afin de mesurer la pluviométrie et l'activité sismique. 
Une découverte qui va tout changer
L'histoire de Jésuites implantant des vignes dans de nouvelles contrées est finalement assez banale. Mais celle du Château Ksara est infiniment plus singulière due à une découverte.

En 1898, l'hiver est particulièrement froid, et le travail de la vigne est impossible. Jean Gharios, un orphelin travaillant pour les Jésuites, obtient la permission de la part de Frère Guichard d'aller à la recherche de galeries qu'une fable locale décrivait. En voulant enfumer un renard dans un trou, Gharios et ses amis découvrent alors des galeries souterraines datant de l'époque romaine !

Au Proche-Orient il était difficile à cette époque de bien conserver le vin, et les galeries vont le permettre. Se déployant sur plus de 1800 mètres, ces caves jouissent d'une faible variation de température et d'une hygrométrie constante tout au long de l'année. Conditions idéales pour le vieillissement des vins.

La route du succès est donc toute tracée. Un vin de plus en plus réputé sur le marché domestique et des ventes en constante augmentation font de Château Ksara le plus important domaine de vin au Liban. Cependant au début des années 70, le Vatican invite les moines et les missionnaires implantés au Proche-Orient à vendre leurs activités. Ainsi, Château Ksara est vendu à Jean-Pierre Sara pour 5 millions de dollars. En 1991, un groupe d'investisseurs libanais intègre et augmente le capital de Ksara.

Ces entrepreneurs décident alors d'industrialiser la production de Château Ksara. Ils rachètent des terres, et les raisins des autres producteurs aux alentours, et font venir un tout jeune œnologue encore peu connu, James Palgé.


Un œnologue de 25 ans à la tête d'une maison bordelaise...
Après quelques stages en Bourgogne et dans le Bordelais, James obtient son diplôme d’œnologue à Dijon. Après son service, militaire, il souhaite travailler à l'étranger. Sacha Lichine vient alors de racheter ce qui deviendra «Le Prieuré Lichine», à Cantenac, sur l'appellation Margaux. Le jeune diplômé est alors engagé en tant qu' «assistant maître de chai». Puis, constatant quelques failles chez le maître de chai, Monsieur Lichine décide alors de le renvoyer et de laisser les rênes à James Palgé, six mois seulement après son arrivée !
En 1988, lors de sa première vinification, James est persuadé de l'importance du rôle des enzymes. Pratique ô combien désavouée à cette période et quand bien même elle est utilisée, elle reste très peu avouable dans le milieux calfeutré bordelais. Qu'importe : le jeune œnologue tente et réussit, puisque les ventes sont au rendez-vous et les médailles tombent. 


Afin de dynamiser ses ventes et d'apporter une plus-value au domaine, Monsieur Lichine décide de faire venir un grand nom du vin, un certain Michel Rolland. Le propriétaire croit en une collaboration, Monsieur Palgé dans le rôle d’œnologue attitré tout au long de l'année et Monsieur Rolland en tant que conseiller. Mais la scène ne se passe pas comme prévu. Les deux hommes n'ont pas les mêmes conceptions, ni la même vision. En 1994, James décide de quitter Le Prieuré pour une aventure d'expatriation et est recruté par Château Ksara.


Du Prieuré aux anciennes caves jésuites.
Dès son arrivée, et avec les moyens financiers qui lui sont offerts, il propose de réorganiser la production. Entre 1994 et 2010, la production passe de 800'000 à 3 millions de bouteilles, pour une superficie de plus de 350 hectares. Depuis l'arrivée des nouveaux propriétaires et de James Palgé, il y a eu de perpétuels investissements. Notamment, la construction de nouvelles zones de stockage et de mise en bouteilles. 


Actuellement, Château Ksara se dispute avec Kefraya, la suprématie sur un marché libanais, apparaissant comme saturée. La bataille se livrant maintenant sur les marchés français, anglais et américain.  














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See you soon Leabanon


Samedi 3 Septembre

Ce dernier billet du Liban afin de résumer mon périple libanais :

Agrandir le plan


Et aussi pour préciser que j'ai enfin découvert les fameuses soirées libanaises et c'est à la hauteur de la réputation. Avec Tatiana et ses amis, nous sommes sortis au Skybar, la plus célèbre boîte de nuit beyrouthine. C'est un « roof top », en haut d'un immeuble, les pieds sur le dancefloor et la tête dans les étoiles. Absolument magique !

Puis le jour du départ, voyant encore quelque chose de grandiose la grotte de Jeitta. Je n'ai pas pu prendre de photos mais cette grotte va peut-être devenir une des merveilles du monde.

J'en profite aussi pour remercier tous les Libanais si accueillants, en particulier :
La famille Hejeily, Salwa, Tatiana, Ralph et Rosette, Gaby et les frères Jésuites de Taanayel, la famille Khoury Jean-Paul, Brigitte, Raymond, Mariette et Serge, Maxime et James Palgé, Nicolas, Mireille, Philippe, Jean-Marc et Karim.

Ce dont je suis certain, c'est d'un retour prochain dans ce pays !
Demain, parution de l'article sur James Palgé, Directeur Technique de Château Ksara.

A noter que mon portrait sur Jean-Paul Khoury sera publié dans le Numéro 142 de "La Revue des Oenologues" et dans le prochain magazine de l'UFE, "La voix de France".
Direction Casablanca.




B(s)charré(h) et sa vallée

Bscharré – Vallée de Quadisha.


1er Septembre 2011.
Les Libanais (éduqués) ont un gros avantage : ils sont polyglottes. Le côté positif, c'est de maîtriser l'arabe, le français et l'anglais au minimum. Ce plurilinguisme est dû en partie à une riche histoire. Le problème c'est qu'une seule ville peut prendre plusieurs noms ! Prenons l'exemple de cette jolie bourgade maronite (Catholique Libanais), qu'est Bscharré euh... pardon Bécharré (en français), non... Bscharry (en anglais) ou Bcharri, d'autres écriront Bscharreh ; bref, il n'est pas toujours aisé de demander son chemin !

Lorsque l'on remonte la vallée de la Békaa et que l'on atteint le sommet du Mont Liban, la vue est absolument splendide, regardez plutôt :




Je quitte donc la Békaa pour rejoindre la vallée de la Quadisha (ou Kadisha, même principe que Bscharré!).

Je ne veux pas abuser des superlatifs, pourtant le Liban les mérite. Pays si petit en superficie (l'équivalent d'environ deux ou trois départements français) mais si riche.

Cette vallée de la Quadisha est le fief des Maronites. Les clochers sont nombreux et bien visibles, les petites statues de la Vierge  pullulent le long des routes, les drapeaux du Vatican sont accrochés à tous les carrefours, et tous les hommes ont une croix autour du cou !





J'ai pu monter jusqu'à Ehden, magnifique bourgade, où les côtiers viennent prendre un bol d'air frais, puisque la commune est à 1800 mètres d'altitude. J'ai visité la réserve naturelle où j'ai vu les fameux Cèdres du Liban, l'emblème du pays.


Depuis les débuts du christianisme, des ermites sont venus dans les grottes de la Quadisha. On trouve encore maintenant une multitude de monastères et autres couvents. Impressionnant par l'histoire que portent ces lieux mais aussi par l'architecture.



Une concentration de faune et de flore exceptionnelles, se retrouve dans  la vallée de la Quadisha :



Baalbek


Les amoureux de vieilles pierres doivent venir au Proche-Orient, les amoureux de vieilles pierres et de l'histoire romaine doivent venir au Liban et les amoureux de vieilles pierres, de l'histoire romaine et de vestiges helléniques doivent venir à Baalbek !

Un site extrêmement bien préservé, un vrai bijou de conservation. Connaissant les sites romains de Jordanie et de Rome, je partais plutôt défaitiste du genre : « Rien de bien nouveau, encore des ruines... ». Et voilà sur quoi je suis tombé :



Un temple doublement millénaire, encore totalement debout, avec la majorité de ses colonnes et qui plus est, plus grand que le Parthénon d'Athènes.



Certains diront que ce n'est pas un problème, mais Baalbek est dans une ville sous la défense du Hezbollah, et je ne sais pas si les dirigeants ont pris toutes les mesures de sécurité nécessaires. Ce dont je suis certain, c'est que je n'ai trouvé, en guise de souvenir, que des t-shirts à l’effigie du groupe armé chiite ! Mais bon, le temple a su résister à toutes les guerres depuis plus de 2000 ans.

Il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas juste d'un temple posé au milieu de nulle part mais d'une vraie ville organisée :





Baalbek est une cité datant de l'époque gréco-romaine, construite sur un site de la période phénicienne du III° millénaire avant JC. Puis les Grecs honoraient leur dieu du soleil nommé Helios, ce qui devient la ville du Dieu soleil : Héliopolis. Sous l'effet des Romains, la ville prit de l'ampleur, due à sa position stratégique sur l'axe Damas-Beyrouth. 
Vu la présence de vignes dans la région, un temple fut construit en l'honneur du culte mystique de Bacchus, sous Marc Antoine.
  
Bref un site authentique, bien conservé et économique (3-4 euros l'entrée).

Quelques photos supplémentaires afin de montrer la finesse des détails :










Des cépages alsaciens au Liban.


 Portrait - Békaa - Liban
Château Khoury
 

Curriculum Vinum :

- Jean Paul El Khoury. Vigneron et oenologue de Château Khoury. 13 ha de vignes. 2 ha d'autres cultures (eau de vie, huile d'olive, arbres fruitiers).
- Cépages :Gewurztraminer, Pinot Gris, Riesling, Pinot noir et classique (Cabernet, Merlot, Syrah...)   
- Age des vignes : environ 12 à 17 ans. Environ 30 hl/ha. Première vinification en 2004. En conversion Bio.
- Sols : Argilo calcaire à dominante calcaire.
- Climat : Continental. Hiver froid et pluvieux, été très chaud et forte amplitude thermique (+/- 10-15°C en Août).
- Gammes :  En 2010, Trois Blancs, deux rouges, de l'arak, des eaux de vie etc...  Canaux de distribution : CHR, privée. Production : 50'000 bouteilles, de 7 à 18 $ la bouteille.


Par Fabien Duvergey, Taanayel, Liban

Au pays de la diversité, rencontre avec un Franco-Libanais, les pieds ancrés dans ses racines alsaciennes et la tête sur les contreforts du Mont Liban.


Sur la route entre Beyrouth et Damas, entourée des chaînes du Liban et de l'Anti-Liban, la majestueuse vallée de la Békaa s'étend de Zahlé jusqu'à Baalbeck. Cette région est, depuis la période phénicienne, un lieu de culture de la vigne. Les Phéniciens, bons navigateurs et marchands vendaient du vin de la Békaa en Égypte et dans l'est du pourtour méditerranéen. Le temple de Bacchus sous la période romaine et les noces de Canaa datant de la période chrétienne corroborent une présence ininterrompue de la culture de la vigne.
 
Du haut de ces 40 siècles d'histoire du vin, la pente-Est du Mont Liban contemple la Békaa.

L'histoire d'une famille libano-alsacienne

Cette rencontre atypique de ces cépages alsaciens au Liban est le fruit originel d'un couple : Raymond, Libanais faisant ses études de pharmacie à Strasbourg et Brigitte étudiante en médecine dans son Alsace natal. Rentrés au pays,  ils décident de mettre au jour leur objectif.


En 1995, sur ces contreforts, ils plantent les premiers pieds de vigne dans cette terre laissée en friche. Il en émane quelques vieux ceps servant à la production d'une boisson anisée et alcoolisée purement méditerranéenne s'appelant Ouzo, Raki, Arak ou encore Pastis selon les régions et les ingrédients.

Jean-Paul et son père Raymond

Un œnologue à l'esprit novateur

Jean-Paul, leur fils, avec son diplôme d'oenologie à la faculté de Reims et ses
expériences dans de grandes maisons champenoises, s’occupe de  la première vinification.
A 24 ans, un domaine familial à gérer ! Certes, toute la famille et les amis sont là pour le soutenir, mais en 2006 la guerre éclate ruinant à néant tous les efforts entrepris. Mais les premiers résultats sont particulièrement prometteurs et confortent l'idée d'une production de qualité plus que de quantité.
Jean-Paul fait partie de ces vignerons-oenologues avant-gardistes ayant la volonté de ne pas créer un vin destiné à flatter le palais du consommateur mais à la recherche du juste équilibre, à atteindre son objectif en multipliant les recherches, les essais, toujours sous le regard bienveillant de son père laborantin.
Jean-Paul Khoury dans sa cave


Ainsi, il étudie actuellement la possibilité d'un vin effervescent encore jamais réalisé sur ce terroir. Outre les gammes traditionnelles de blanc et de rouge, sa production se compose également d'Arak, d'eau de vie, d'huile d'olive, et même de confitures !


Un vignoble particulièrement favorable
Seul l'oïdium est présent sous ce climat permettant une conversion bio relativement aisée. Malgré une juridiction souple au Liban, Jean-Paul n'irrigue pas son vignoble, et effectue un traitement au soufre avec parcimonie.
La grande richesse de ce terroir est sa diversité : un sol à majorité argilo-calcaire, mais aussi sableux, un micro climat, beaucoup de soleil et un faible taux d'humidité, des vendanges manuelles. Bref, ce terroir si riche et divers se retrouve dans son vin.
Les vins rouges sont élevés en barriques de chênes français durant 12 à 18 mois. Des soutirages sont effectués régulièrement, tous les deux à trois mois. Le tri-cépage (Riesling, Gewürztraminer, Chardonnay) composant le vin blanc est frais, aromatique et rappelle des
notes alsaciennes.

Cave de Château Khoury
On peut compter sur Château Khoury pour faire partie des grands vins du Liban.

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